Tandis que la nuit tombe
Sur ce vaste et terrible monde,
Et que le froid me frappe,
Que je tombe dans les vapes,
Une pale étincelle me retient
Prisonnier de cette vie, l'air de rien.
Cette étincelle qui scintille,
Au loin sous la forme d'une fille,
Pourtant si lointaine parfois,
Continue, et bien des fois,
A me faire rêver,
Me faire espérer.
Pale étincelle qui brille au loin,
Ta chaleur, hélas, ne m'atteint point,
N'est pas pour moi réservé,
Et m'est souvent même caché,
Lors de tes éclipses totales,
Où le doute en moi s'installe.
Petite étincelle, tu as déclenché,
Un vaste incendie dans ma maigre foret
Sans pourtant t'en être approché.
Je dois parfois te deviner
Dans le vaste manteau d'obscurité
Où tu te caches, loin de moi,
Comme si tu avais peur de moi...
Lointaine étincelle, si tu savais
Par quels sentiers je vais...
Chère étincelle, je me bas chaque jour
Pour ne pas te perdre de vue mon amour,
Pour te connaître, te plaire et te rester fidèle,
Ma belle, pale, petite et lointaine étincelle.