Vécut d'une porcelaine
Je me rappellerais toujours de ce visage épanoui
Le jour où son père et sa mère m'ont offert à lui
Je devins en un temps records son meilleur ami
Qui partageait aussi bien ses joies que ses soucis
Combien d'aventures n'aurai-je vécut avec lui?
Combien de rêves ne lui aurai-je inspiré?
Il me serrait sous son bras droit si fort
Que déboussolé j'en arrivais à perdre le Nord...
Et pendant qu'il est à l'école, normal,
Je trône comme un prince lors d'un bal,
Au millieu des peluches et poupées de porcelaine
Dont les étages à ras bord sont pleine
Mais tandis que le temps passe l'enfant grandi
Celui que j'ai chéri adopte de nouvelles manies
Passe son temps au téléphone avec ses amis
Ou devant l'ordinateur manipulant une souris
Une fine couche, mince mais présente, de poussiere
Fais son apparition sur moi comme sur une étagère
Balayé parfois par les bons soins de sa mère
Qui fait le ménage sans plus de manière
Et pendant qu'il est au lycée, normal,
Je reste comme un valet lors d'un bal
Au millieu des peluches et poupées de porcelaine
Et cet immobilisme forcé, vraiment, me peine
L'adulte que cet enfant est devenu,
Sans reconnaissance aucune, ne me regarde plus,
Et me dépoussière sans un instant être ému
Par les souvenirs sur cette étagère plutot bossu.
Il m'a oublié, recalé, tout au fond de sa mémoire
Et m'interdit d'entretenir le moindre espoir,
M'enfermant désormais dans cette petite armoire
Je me retrouve avec mes acolytes à broyer du noir.
Et pendant qu'il est au travail, normal,
Je ne peux plus qu'observer de loin le bal
Au millieu des peluches et poupées de porcelaine
En sachant que bientôt nous serons tous à la benne....
Qu'il est dommage de constater
Que pour grandir on se croit obligé
D'abandonner ses rêves d'enfants
Et de les laisser s'envoler au vent.

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